Der Antilopenkuss

Filmportrait des Künstlers Boris Nieslony
A portrait of the artist Boris Nieslony

Dauer / duration: 17 min.
Buch, Kamera, Regie / written, shot and directed by : Gerald Harringer
Schnitt / edited by: Gerald Harringer, Dieter Strauch
Musik / music by: Florian Sedmak, Thomas Reinhart
Herstellungsland/-jahr / produced in: AT 2010
Drehformat / shooting format: DVcam
Drehorte / locations: Köln / Cologne (DE), Linz (AT)

Screenings: dokumentART (Szczecin, Poland) 2013; Diagonale (Graz, Austria) 2011; Crossing Europe (Linz, Austria) 2011

Synopsis

Boris Nieslony, geb. 1945 in Grimma bei Leipzig, ist weltweit aktiver Künstler und Kurator mit Sitz in Köln. Er ist seit 40 Jahren im Bereich der Performance Art als Künstler, Kurator und Lehrer tätig. 1985 gründete er die Gruppe Black Market International, deren einzigartiger Stil des Gruppen-Happenings (Kunst der Begegnung) ein neues Genre in der Performancekunst einführte. Parallel zu dieser Praxis hat er Installationen und ein umfangreiches Archivsystem entwickelt, um Handlungs- und Bewegungsmuster von Menschen zu erforschen.

Im ersten Teil des Portraits stellt der Künstler das „Paradies“ vor, eine Art alchimistisches Labor der Wahrnehmung. Im zweiten Teil erleben wir  Nieslony als Performancekünstler, der sich an leibliche und psychische Grenzen begibt, um sich – wie einst Antonin Artaud – dem Repräsentativen in der Kunst zu entziehen. Wir lernen Nieslonys Denk- und Arbeitsweise kennen, eine Kunstpraxis , die „den Körper zur Hieroglyphe macht, zum Schauplatz einer Artikulation vor den Wörtern: der Geste, des Atems, des Schreis, … „ (Antonin Artaud)

In the first part of the artist portrait Boris Nieslony, born 1945, presents “Paradise”, a kind of alchemist laboratory of perception. In the second part we experience Nieslony as a performance artist going to physical and mental limits.

Mit Förderung von / funded by Stadt Linz , Land OÖ, bmukk.

Antilo_StillMusik

Trialeiho I. („Alperer“)
(Traditional. Arrangement: Florian Sedmak *)

Auf dem Stein. (Musik: Florian Sedmak *)

Trialeiho II. („Alperer“)
(Traditional. Arrangement: Florian Sedmak *)

Almost Paradise
(Musik: Thomas Reinhart)

Stahlzirpen.
(Musik: Florian Sedmak *)

Kleine Exzesse.
(Musik: Florian Sedmak *)

Like A Rolling Stone
(Musik: Thomas Reinhart)

*) Gitarren, Klavier, Eierharfe: Florian Sedmak.Aufgenommen im November 2010 im Treehouse, Bad Ischl.Produziert von Florian Sedmak und Philipp Bruckschlögl (Treehouse). © Florian Sedmak 2010

 

KATALOGTEXT DIAGONALE 2011, von Daniela Ingruber:

„Boris Nieslony coils on the floor, naked, holding on to a rock. Observed by an intrigued audience, their look stays fixed on a body that seems progressively burdened by the strain. For 40 years, the performance artist and curator has tested creative, physical, and sometimes mental limits – and conquers them temporarily. In the spirit of Artaud, the body turns into the actual site of articulation. Nieslony expresses the motives and implementations of his work in film less radically: verbally, in conversation.

„Artaud beschreibt genau die Phänomene, um die es mir auch geht“, sagt der Performance-Künstler Boris Nieslony zu Beginn seines Gesprächs mit Regisseur Gerald Harringer, wenn es um den Einsatz des Körpers für das Theatrale geht. Und später: „Es geht um die Bilder hinter den Bildern – vor dem Bild.“ Was zunächst verwirrt, erklärt sich, sobald sich die Kamera aus dem Labor des Künstlers bewegt: Nieslonys Radikalität ist nach all den Jahren seiner Arbeit ungebrochen und nagt noch immer an gesellschaftlichen Tabus. Die Irritation führt zurück zur Forderung an seine Studierenden: „Schau dir an, was geschieht, wenn du dich aus einer Gruppe löst!“

 

DIALOG, SPRACHE, TEXTE – FRANZÖSISCHE ÜBERSETZUNG:

Artaud, ancêtre du performance-art ?

J’ai lu presque tout de ce qu’il a écrit, et toujours je peux dire : oui !

Il décrit en d’autres mots, et parfois de très bons mots – où tu constates, en tant qu’homme de théâtre, il est très fort avec les mots – il décrit exactement le phénomène qui me préoccupe.

« S’il est encore quelque chose d’infernal et de véŽritablement maudit dans ce temps, c’est de s’attarder artistiquement sur des formes… »
Artaud

A l’origine je voulais être un bon peintre, un peintre qui fonctionne bien. Jusqu’au moment où je me suis demandé : Pourquoi est-ce que tu ne laisses pas tout le reste tomber, pour juste peindre des images et les vendre ? Mais quelque chose n’allait pas, ça ne trouvait pas sa place dans mon activité, dans ma vie. Ça ne collait pas. Bien sûr, il y a quelque chose de fou dans la peinture ; tu as un canevas et tu passes dessus avec une brosse et tu regardes comment une surface en émerge… c’est vraiment quelque chose de fou, mais je savais que d’une certaine façon, quelque chose n’était pas juste. Vraiment, ça ne colle pas…

J’ai vécu à Paris un peu comme un schizofrène, à peindre officiellement pendant la journée parce que j’avais reçu une bourse, et la nuit je m’en allais dans les rues et je ramassais des journaux, je découpais des images pour les regarder. Puis j’allais dormir,  je me levais, je déjeunais, et puis je me remettais à peindre. Et à un moment je me suis dit : c’est un truc de malade. Quest-ce que c’est ? Où sont les vraies questions ? Il s’agissait des images qui sont derrière les images, les images avant l’image. Quel est le sens de ça : les images derrière les images, avant l’image. Cet « avant l’image » … il y a donc de l’image que je ne peux pas faire. C’est tout simplement comme une gravitation qui me met en mouvement. C’est ça l’image. Et j’ai des images à faire, qui ne sont pas la surface, mais l’image qui est dessous.

LE PARADIS – un laboratoire de perceptions

Souvent il arrive que je passe une heure ici à juste regarder. Une auto-examination constante, comment les choses arrivent, qu’est-ce qui se passe quand je prends un objet, que je le regarde, et qu’il me dit : fais ceci, fais-le comme ça

Au départ c’était, quotidiennement, manipuler et changer de place des objets qui étaient en partie ramassés, parfois reçus, parfois achetés, parfois chapardés, parfois c’étaient des choses qui s’étaient adressées à moi, qui avaient vraiment saisi mon attention, où je me disais : qu’est-ce que c’est ? Et je les apportais ici, sur cette table, et alors ils commençaient une sorte de conversation entre eux, ils commençaient à se fréquenter, à créer des espaces, des distances, des proximités, des degrés de chaleur, des correspondances… tous ces phénomènes, je me suis mis à les reconnaître. Les questions de proximité, distance, chaleur, ont joué un rôle très important dans la manière dont je créais des cadres, les conditions dans lesquelles les gens se rencontraient les uns les autres.

Au départ je suis exposé à cette chose comme un organisme. C’est comme un coeur qui bat. Où, comme dit Johann Wilhelm Ritter : le coeur est un aimant.

C’est la critique majeure que je fais à l’art, c’est qu’il se couvre lui-même d’une sorte de chapeau une bulle de prétendue importance et de représentation de la culture… sans regarder.

PERFORMANCE AVEC UN CAILLOU

J’ai aussi des problèmes avec mes étudiants qui me demandent : donne nous quelque chose, donne nous des outils pour qu’on puisse plus tard, très vite devenir des artistes célèbres. Ils me voient comme ça, ils me le disent comme ça, et je dis stop – levez-vous, allez jusque là-bas, retournez-vous et regardez les autres. Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que vous pouvez vraiment me dire ce qui se passe dans cette chose, la première et la plus simple. Vous vous séparez d’un groupe de personnes et avant tout vous êtes debout face à eux. Et je leur dis vous vous tenez, en ce moment face au reste du monde ! Qu’est-ce qui vous arrive maintenant ?  La peur la plus profonde, la plus extrême. Vous le voyez ! Et je dis aux autres qui sont assis là, regardez, ce ne sont que quelques secondes ou peut-être juste une demie-seconde, qu’est-ce que vous voyez ? L’effondrement, la peur. Et je dis, ok, la seule chose que je peux vous apprendre c’est à enlever votre peur. Je n’ai pas à vous dire ce qu’est l’art, je n’ai pas à vous apprendre ce qu’est la performance, ce que je peux sortir de vous c’est la peur.

J’avais deux ans quand j’ai été placé dans le premier home pour enfants et j’ai probablement eu la chance d’entrer très vite dans une sorte d’ermitage avec moi-même. J’étais toujours intéressé par les choses qui étaient dehors. J’ai toujours résisté à la définition de ce que je devais faire. Le soir il y avait des coups, parce que je m’échappais. Le lendemain j’allais à l’école et je m’enfuyais à nouveau.

Je passais des heures dehors de nouveau, wow, voilà ce qu’on fait, voilà comment on regarde ça… le soir de nouveau des coups, le lendemain, de nouveau parti. J’étais assez fort pour supporter ça. C’est ça. Les autres s’écrouleraient, se soumettraient, ou Dieu sait… C’est pour ça que la question n’est pas d’où ça vient, mais j’ai eu la chance de résister. En 1966 j’ai rencontré un homme, un américain, qui m’a fait rencontrer le monde de l’art. Et puis cette nuit de Noël, dans la rue, au milieu d’un square, à Hannovre, une intervention radicale, une conscience politique, une conscience de soi. En 1967, un cercle de craie dans un espace piblic. On a tracé une frontière entre nous, les clochards et les hippies, et le reste de la société. En comprenant ce que cela signifie de vivre une vie publique, et pas une vie privée. Ma première oeuvre d’art : cinq jours et quatre nuits sans sommeil. 1976. Des expériences magiques avec des rêves et des rêves éveillés.

PERFORMANCE « DEBIL-DECIBEL »

Qu’est-ce qu’un pattern de mouvement, avant que ça devienne une danse ? C’est ce que je me demandais. Qu’est ce qu’il y a dans une personne, ce qui fait que les choses suivent leur cours là-dedans, qui passent à travers un filtre culturel puis à un moment dans l’expression, où tu te dis : ok, c’est de l’art, parce que tu as été familiarisé avec ça comme étant de l’art, que tu l’as appris et tout ça.. et j’essaie de subvertir ce pattern de culture, d’art, de passer derrière vers cette question de ce qui existe avant tout ça. J’étais préoccupés par cette question des phénomènes pré-culturels. Des questions comme : qu’est-ce que tu fais, là, que sont les gestes, les mouvements du corps, qu’est-ce que c’est quand tu utilises la voix que les objets utilisent. Dans tout ça, je me demandais à quoi ressemble l’« AVANT ». Et j’ai trouvé deux ou trois choses.

Et toujours, la question m’a accompagné : COMMENT EST-CE QU’ON OUVRE UNE IMAGE ?

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